Déployer une filière ZRP dans le secteur agroalimentaire suppose de coordonner les acteurs de l’amont agricole, d’évaluer les pratiques en conditions réelles et de construire un plan d’action compatible avec les contraintes techniques et économiques des exploitations. Cette démarche répond aux attentes croissantes liées au Zéro Résidu de Pesticides, tout en recherchant une organisation robuste à l’échelle de la filière.

Définir le périmètre et les objectifs de la filière ZRP

La première étape consiste à préciser ce que la démarche doit couvrir. Une filière ZRP ne se limite pas à modifier une pratique isolée au niveau de l’exploitation. Elle implique une réflexion collective associant les producteurs, les structures de conseil, les organisations agricoles et les acteurs de l’aval agroalimentaire.

Le périmètre doit être suffisamment clair pour permettre une analyse cohérente des cultures concernées, des pratiques existantes, des contraintes agronomiques et des attentes de la filière. Cette phase de cadrage aide également à identifier les décisions qui relèvent directement des exploitations et celles qui nécessitent une coordination entre plusieurs maillons.

Clarifier les priorités d’une filière ZRP

Les objectifs doivent être définis en tenant compte des enjeux agronomiques, environnementaux et économiques. La réduction du recours aux produits phytosanitaires ne peut pas être abordée indépendamment de la gestion des ravageurs, des pathogènes, de la qualité des productions ou de la viabilité des systèmes agricoles.

Un cadrage précis permet ainsi d’éviter une approche uniforme. Les leviers pertinents peuvent varier selon les cultures, les territoires, les pressions sanitaires et les possibilités d’évolution des itinéraires techniques.

Évaluer les pratiques agricoles et les risques

Le déploiement opérationnel repose ensuite sur une connaissance détaillée des pratiques agricoles. Il s’agit d’identifier les intrants utilisés, les périodes d’intervention, les principales pressions sanitaires et les solutions déjà mobilisées par les producteurs.

Cette analyse doit être complétée par une évaluation des solutions dans des conditions représentatives du terrain. Les dispositifs expérimentaux permettent de comparer les performances de différentes pratiques et de vérifier leur capacité à répondre aux besoins agronomiques des exploitations.

La connaissance des ravageurs et des pathogènes occupe également une place centrale. Les enquêtes de terrain peuvent contribuer à mieux comprendre les situations rencontrées par les agriculteurs et à identifier les leviers les plus adaptés à chaque contexte.

Point de vigilance : une stratégie ZRP doit être construite à partir des réalités agronomiques observées. Une solution pertinente dans une situation donnée ne peut pas être automatiquement généralisée à l’ensemble des cultures ou des territoires.

L’analyse peut aussi intégrer les risques de transfert de polluants vers l’eau. La modélisation et l’identification des zones les plus sensibles permettent alors de mieux cibler les actions préventives et de hiérarchiser les priorités d’intervention.

Construire un plan d’action adapté au terrain

Une fois le diagnostic réalisé, la filière peut construire un plan d’action combinant plusieurs leviers. L’objectif n’est pas de s’appuyer sur une solution unique, mais d’organiser une stratégie cohérente tenant compte des cultures, des pressions sanitaires et des capacités d’adaptation des exploitations.

Parmi les pistes pouvant être étudiées figurent l’évaluation de solutions alternatives, le recours au biocontrôle, l’évolution des stratégies de gestion des ravageurs ou encore les approches de type push/pull. Ces leviers doivent être testés et ajustés avant d’être déployés à plus grande échelle.

Une analyse multicritère permet de compléter l’évaluation agronomique. Elle aide à repérer les principaux points de vigilance environnementaux et à examiner les conséquences des choix techniques sur l’ensemble de la filière.

  1. Identifier les pratiques prioritaires à faire évoluer selon les cultures et les risques observés.
  2. Sélectionner les leviers techniques susceptibles de répondre aux problématiques agronomiques.
  3. Tester les solutions en conditions réelles afin d’en mesurer les performances et les limites.
  4. Évaluer leur faisabilité économique pour les exploitations et les autres acteurs de la filière.
  5. Organiser leur déploiement progressif avec des modalités de suivi adaptées.

La dimension économique doit rester présente à chaque étape. Une démarche environnementale ne peut être durable que si les pratiques proposées sont techniquement applicables et économiquement soutenables pour les agriculteurs.

Mobiliser les acteurs et accompagner le déploiement

La réussite d’une filière ZRP dépend largement de la mobilisation des acteurs. Les producteurs doivent comprendre les objectifs poursuivis, les changements attendus et les modalités d’évaluation des pratiques. Les structures agricoles et les entreprises de l’aval doivent, de leur côté, partager une vision commune de la démarche.

La pédagogie joue donc un rôle essentiel. La formation et la transmission des connaissances permettent aux équipes de mieux appréhender les enjeux agroécologiques et de s’approprier les nouveaux leviers techniques.

L’accompagnement doit également rester proche du terrain. Les retours des agriculteurs, des agronomes et des conseillers cultures sont indispensables pour vérifier que les recommandations sont réalistes, identifier les difficultés de mise en œuvre et adapter les plans d’action.

  • associer les acteurs agricoles dès la phase de cadrage ;
  • partager les résultats des expérimentations ;
  • former les équipes aux pratiques retenues ;
  • organiser la remontée des observations de terrain ;
  • ajuster les recommandations selon les résultats obtenus.

Cette organisation collective évite de dissocier les ambitions de l’entreprise agroalimentaire des conditions réelles de production. Elle favorise une démarche progressive, comprise et portée par les différents maillons de la filière.

Agrosolutions, un accompagnement fondé sur l’expertise et le terrain

Agrosolutions accompagne les agricultures, les filières et les territoires sur les enjeux agroenvironnementaux, notamment ceux liés aux nouvelles attentes sociétales et au Zéro Résidu de Pesticides. Son approche associe expertise scientifique pluridisciplinaire, expérimentation et présence sur le terrain. Le cabinet peut intervenir dans l’évaluation des intrants, la connaissance des ravageurs et des pathogènes, l’étude de solutions de biocontrôle, les enquêtes terrain et les analyses multicritères destinées à identifier les principaux enjeux environnementaux d’une filière.

Les recommandations peuvent être testées au sein de dispositifs expérimentaux et s’appuyer sur le réseau InVivo, les Fermes LEADER ainsi que la plateforme Openfield. Cette capacité d’expérimentation contribue à confronter les solutions aux conditions réelles avant leur diffusion. Agrosolutions intègre également la faisabilité technique et la durabilité économique dans la construction des plans d’action, afin de proposer des trajectoires applicables par les acteurs agricoles.

Piloter la filière dans la durée

Le lancement de la démarche ne constitue qu’une première étape. Une filière ZRP doit être suivie dans le temps afin de mesurer l’évolution des pratiques, d’analyser les résultats des solutions déployées et de repérer les éventuels écarts entre les objectifs et la réalité du terrain.

Le pilotage peut s’appuyer sur des indicateurs définis lors de la phase de cadrage. Ceux-ci doivent rester directement liés aux actions engagées et permettre aux différents partenaires de disposer d’une lecture commune de l’avancement.

Faire évoluer la stratégie ZRP selon les résultats

Les observations issues des exploitations et des dispositifs expérimentaux doivent alimenter une logique d’amélioration continue. Lorsqu’une pratique montre ses limites, la filière doit pouvoir la réexaminer, tester d’autres solutions ou adapter ses recommandations.

Cette capacité d’ajustement est essentielle dans un environnement agricole soumis à des contraintes variables. Elle permet de conserver une démarche pragmatique, construite à partir des connaissances scientifiques mais également des retours d’expérience des acteurs de terrain.

En conclusion, déployer une filière ZRP dans le secteur agroalimentaire nécessite un cadrage collectif, une évaluation rigoureuse des pratiques et des solutions, ainsi qu’un accompagnement durable des producteurs. La solidité de la démarche repose sur l’articulation entre expertise agronomique, expérimentation en conditions réelles, coordination des acteurs et viabilité économique.